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COMITÉ DES PRODUITS |
Soixante-troisième session |
Rome, 6 - 9 mars 2001 |
Déclaration d'ouverture de
M. David Harcharik
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Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués,
Soyez les bienvenus à cette soixante-troisième session du Comité des produits.
Permettez-moi de commencer en félicitant M. Kostov (Bulgarie), pour son élection à la présidence de cette session, ainsi que les deux Vice-Présidents, M. Allawi (Iraq) et M. Bocar Ly (Sénégal).
Je voudrais maintenant vous présenter la nouvelle Directrice de la Division des produits et du commerce international, Mme Paola Fortucci. Malgré ses nouvelles responsabilités, j'ai le plaisir de vous informer que Mme Fortucci a accepté d'assumer aussi les fonctions de Secrétaire de votre Comité. Permettez-moi aussi de vous présenter M. Hartwig de Haen, Directeur général adjoint du Département économique et social.
Comme beaucoup d'entre vous le savent, la FAO a connu des changements et des améliorations considérables ces dernières années. Nous avons par exemple réorganisé, décentralisé et réduit les effectifs. Nous avons augmenté notre efficacité administrative et réduit les coûts, tout en protégeant nos programmes techniques prioritaires et nous avons aussi modernisé et amélioré nos systèmes de communication.
Je voudrais toutefois appeler votre attention en particulier sur le nouveau processus de planification maintenant en vigueur dans l'Organisation. Ce processus repose avant tout sur le Cadre stratégique, qui a été adopté par la Conférence de la FAO en 1999 et qui fixe le cap des activités de l'Organisation pour les dix à quinze prochaines années. À moyen terme, le Conseil a approuvé, en juin dernier, un nouveau Plan à moyen terme pour la période 2002-2007. Le Cadre stratégique et le Plan à moyen terme constituent ensemble les fondations sur lesquelles repose le Programme de travail et budget de l'Organisation qui est en cours d'élaboration. Ce nouveau processus est la meilleure planification stratégique jamais mise en place à l'Organisation.
Comme vous le savez, l'un des grands défis du XXIe siècle est d'apporter des améliorations sensibles aux conditions de vie des populations qui continuent à souffrir de la faim et de la malnutrition dans le monde. Le Sommet mondial de l'alimentation de 1996 a fixé comme objectif de ramener le nombre des personnes sous-alimentées à 400 millions pour 2015 au plus tard. Malheureusement, les progrès sont trop lents pour réduire les chiffres de manière satisfaisante. Pour atteindre cet objectif dans le monde, le nombre des personnes sous-alimentées devra baisser de 20 millions par an. Toutefois, dans les années 90, le nombre n'a décliné que de 8 millions par an.
Comme la plupart d'entre vous le savent déjà, c'est la raison pour laquelle le Conseil de la FAO a fait sienne la proposition du Directeur général d'entreprendre un examen au plus haut niveau des progrès réalisés dans la mise en uvre du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation cinq ans après le Sommet. La Conférence de la FAO qui se réunira en novembre de cette année et à laquelle les Chefs d'État et de gouvernement seront invités, servira de cadre à cet examen. Nous espérons que l'examen intitulé le Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après donnera un nouvel élan et permettra d'accélérer le processus d'application du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation.
Je voudrais maintenant passer aux travaux importants du Comité des produits, et en particulier aux points de l'ordre du jour que vous allez traiter cette semaine. Il conviendrait tout d'abord de rappeler que ce Comité est chargé d'examiner les problèmes de caractère international liés aux produits de base, de dresser un bilan de la situation mondiale des produits de base et d'élaborer des recommandations appropriées en matière de politiques à l'intention du Conseil.
Nos efforts actuels d'analyse de la situation mondiale des produits se déroulent dans une atmosphère marquée par l'incertitude. La situation économique mondiale s'est beaucoup améliorée depuis la dernière session du Comité, mais cela ne s'est pas traduit par une croissance positive de la demande. L'année dernière, les cours internationaux de nombreux produits de base sont restés faibles ou en dessous de leurs niveaux déprimés de 1999, et ils n'ont augmenté que marginalement au cours des premiers mois de 2001. Ces prix faibles sont à l'avantage des consommateurs, y compris ceux des pays à faible revenu et à déficit vivrier, mais ils créent des difficultés économiques pour les agriculteurs de nombreux pays producteurs. Les causes de la persistance de prix faibles malgré la reprise économique sont soumises à l'examen du Comité.
Comme de nombreuses organisations internationales et privées de premier rang suspendent leurs efforts de suivi et d'analyse de l'évolution des marchés et des politiques pour les produits de base, les activités de la FAO dans ce domaine ont dû s'adapter et évoluer. Le Comité aura l'occasion de faire connaître son point de vue sur la nouvelle version électronique du Rapport sur les marchés des produits qui est actuellement mis au point pour compléter la version imprimée traditionnelle. La version électronique facilitera aussi les mises à jour en temps utile tout au long de l'année.
Le Comité examinera aussi d'importantes questions liées aux politiques commerciales. Cet examen vient à point nommé, car la communauté internationale entame un nouveau cycle de négociations OMC sur l'agriculture. Depuis un an, l'activité est intense et les pays et groupes de pays font des propositions pour la poursuite du processus de réforme en agriculture. L'évaluation des effets du cycle d'Uruguay, y compris les conséquences pour la sécurité alimentaire dans les pays en développement, donne des indications importantes quant aux domaines de progrès et aux défis à relever dans les prochaines négociations. Comme l'a demandé le Comité à sa dernière session, de nouvelles analyses et informations sur ce sujet seront présentées cette semaine.
Sur la base des travaux effectués à la FAO et dans d'autres organisations, il est clair que l'Accord de l'OMC sur l'agriculture a des effets régulateurs importants et qu'il offre des possibilités de modifier en profondeur les conditions générales du commerce des produits agricoles. Notre analyse de l'expérience des pays en développement renforce les conclusions selon lesquelles de nouvelles réformes des politiques commerciales doivent prendre en compte les préoccupations de ces pays relatives à leur sécurité alimentaire et à leur développement durable. Nous espérons que les délibérations du Comité et ses conclusions donneront des indications aux États Membres concernant la libéralisation en cours du commerce des produits agricoles.
Dans ce contexte, le Comité recevra aussi des informations sur le programme d'assistance technique de la FAO pour les négociations commerciales multilatérales touchant l'agriculture. En vertu du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, la FAO s'est engagée à aider les pays en développement pour les questions commerciales, et votre Comité accorde traditionnellement un vif intérêt à la façon dont cette aide est fournie. En fin de semaine, une séance d'information sera organisée pour décrire en détail cette assistance technique.
Au cours de la semaine également, un colloque sera organisé sur l'évolution récente et les perspectives du secteur de l'élevage et de la viande.
Monsieur le Président, il y a un certain nombre de questions nouvelles affectant les échanges de produits agricoles qui sont brièvement portées à l'attention du Comité. En particulier, le Comité est appelé à se prononcer sur les futurs domaines d'activités relatifs au commerce international, en ce qui concerne les biotechnologies, l'agriculture biologique et les divers effets sur le commerce des mesures prises dans le cadre des Accords de l'OMC sur les mesures sanitaires et phytosanitaires et les obstacles techniques au commerce.
Votre Comité est également responsable de la supervision des activités de ses groupes intergouvernementaux de produits. Au cours de ses dernières sessions, le Comité a lancé plusieurs réformes des activités et procédures de ses groupes intergouvernementaux de produits et appliqué un certain nombre de mesures qui ont entraîné une réduction d'environ deux tiers des dépenses de réunion et de documentation. À la présente session, le Comité examinera dans quelle mesure les groupes intergouvernementaux de produits ont adapté leurs programmes, compte tenu du Sommet mondial de l'alimentation et du Plan d'action, ainsi que leur rôle dans le contexte en pleine mutation du commerce international. Le Comité est aussi appelé à se prononcer sur les moyens qui permettraient de renforcer encore le coût-efficacité des groupes et leur pertinence. Des directives sont également demandées sur toute une gamme d'activités liées aux produits de base, indépendamment des groupes intergouvernementaux de produits.
Monsieur le Président, vous êtes saisi d'un ordre du jour très intéressant. Il est temps pour moi de vous laisser à vos travaux.
Au nom du Directeur général et en mon nom, je souhaite que votre session soit couronnée de succès.
Je vous remercie.